PPL61 - tenue de l’outil scripteur Que proposer à des élèves de TPS-PS ?

Nous nous appuierons sur les recherches de Gaëlle Alhaddad et de Laurence Pierson, entre autres...

Voici la réponde de Gaëlle Alhaddad, doctorante, Laboratoire de neurosciences cognitive :

"Il me semble particulièrement important de proposer aux enfants une diversité d’outils scripteurs, pour qu’ils puissent les explorer librement, développer progressivement leurs habiletés graphomotrices et découvrir ceux avec lesquels ils sont le plus à l’aise.

La mise à disposition de différents types de crayons, notamment avec des formes, des tailles et des couleurs variées, peut également être très motivante pour les enfants et favoriser une utilisation spontanée et répétée de ces outils. Vous pouvez proposer des crayons de différents diamètres, de forme circulaire hexagonale ou triangulaire, mais également des feutres, des craies, etc. Les études disponibles ne mettent pas en évidence de supériorité systématique d’une forme de crayon sur les autres en matière de performance graphomotrice.

En petite section, la diversité des expériences motrices et graphiques aidera à développer progressivement, notamment grâce à l’exploration des différents outils et à la pratique régulière, la prise du stylo. D’autant plus lorsque les enfants sont motivés par des outils nouveaux, variés et colorés.


Voici les préconisations de Laurence Pierson, graphopédagogue, que vous pouvez retrouver sur son site internet :
https://www.ecritureparis.fr/blog/38-crayon-stylo-a-bille-roller-stylo-a-plume-quel-outil-scripteur-choisir-a-l-ecole-primaire

La taille du crayon

Il est d’usage de donner de gros feutres ou de gros crayons aux enfants les plus petits. Il faut faire attention à cette habitude, qui incite les enfants à la prise palmaire : en effet, leurs mains sont tout simplement trop petites pour pouvoir tenir le crayon avec trois doigts. Essayez vous-même, en tant qu’adulte, d’écrire avec un cylindre de gros diamètre — un gros bâton de colle, par exemple. Il devient très difficile de positionner ses doigts et encore plus de les bouger. On va alors bouger tout son bras, ou son poignet. Les enfants vivent la même chose quand on leur donne de trop gros crayons.

Il me semble donc plus approprié de laisser à la disposition des élèves, dans le cadre du dessin libre (aussi essentiel au développement de l’enfant que la motricité spontanée ou le récit spontané), des outils de taille raisonnable pour que les enfants puissent les manipuler avec les doigts et donc les diriger de manière plus précise. Il n’est à mon sens pas indispensable de corriger à chaque instant la tenue du crayon chez les élèves de petite et moyenne section : le programme sensori-moteur de l’écriture est très différent de celui du dessin. La tenue du crayon n’est donc pas automatiquement transférable du dessin vers l’écriture. De plus, l’apprentissage se conçoit sur le long terme...

Certains enfants, toutefois, se crispent si on leur met dans la main un outil trop fin, qu’ils ne perçoivent pas bien. Il est utile de leur proposer des crayons de taille "jumbo", c’est-à-dire plus épais que les crayons ordinaires mais qui permettent néanmoins de bouger les doigts.

Crayons triangulaires

Sans corriger la tenue du crayon à chaque instant, il peut néanmoins être intéressant de proposer des outils triangulaires, qui aident à acquérir une tenue du crayon efficace et à s’habituer à mobiliser son pouce. Outre le fait que les crayons triangulaires glissent moins dans la main que les crayons ronds et ne roulent pas sur la table, ce qui est un avantage non négligeable, ils peuvent aussi aider les enfants à percevoir la prise tridigitale : il y a trois faces sur le crayon, donc une par doigt !

De nombreuses marques proposent ces modèles triangulaires : Stabilo, Maped, Faber Castell, Lyra, Bic...

Il peut être utile de choisir un modèle antidérapant. En effet, les petits doigts encore malhabiles ont tendance à facilement glisser sur le crayon. Faber Castell a un système de picots, Staedtler a créé Ergosoft, un système antiglisse doux, Lyra de petites encoches rondes réparties sur le corps du crayon, qui s’appelle Lyra Groove. La version "triple one" est à mon avis trop grosse, mais la version standard est très bien. Stabilo propose également des encoches, mais avec une forme asymétrique, ce qui fait que les modèles pour droitier et pour gaucher sont différenciés.

Capuchons de feutres et latéralisation

Á noter le problème des capuchons de feutres : bien souvent, l’enfant saisit le capuchon pour l’enlever de sa main dominante. Si sa latéralité est bien déterminée, il changera ensuite le feutre de main pour dessiner. Mais si elle est encore hésitante, il risque de continuer à agripper le capuchon de sa main dominante et donc de dessiner de l’autre ! Ceci peut avoir des conséquences graves si l’enseignant croit alors, à tort, identifier un gaucher parce que l’élève dessine de la main gauche...

Sabrina Rossi, longtemps enseignante en maternelle, m’a suggéré un truc : fixer les capuchons de feutres, à l’envers, sur un support. Ainsi, l’enfant prend son feutre en l’enlevant du capuchon et le range en le remettant dessus. Les feutres sont stockés « tête en bas », ce qui est meilleur pour leur conservation, et l’enfant a les deux mains libres. De plus, il ne peut pas ranger le feutre débouché.

La marque Maped commercialise un dispositif de ce genre :

Les feutres utilisés ci-dessou sont un peu gros, mais tout à fait manipulables par un enfant de moyenne ou de grande section. Dispositif "fait-maison".

La marque Stabilo commercialise de superbes feutres triangulaires, sous le nom Trio Scribbi. Ils sont malheureusement assez chers, mais leur pointe est montée sur amortisseurs, ce qui fait qu’ils ne sont pas détruits par les enfants qui appuient trop fort dessus. C’est un vrai plus !

Il est à noter que les feutres, que les élèves adorent, ont un très fort pouvoir couvrant et ne permettent pas la nuance. Il est donc conseillé de prévoir des moments, fréquents, où les élèves sont incités à dessiner aux crayons de couleur.

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